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Qu’est-ce que le CRAT ?

Un médicament pris pendant une grossesse est-il réellement dangereux pour le futur bébé ? Peut-on poursuivre un traitement lorsqu’on allaite ? Une exposition survenue avant même de savoir que l’on était enceinte nécessite-t-elle une surveillance particulière ? En France, le CRAT, ou Centre de Référence sur les Agents Tératogènes, aide les professionnels de santé à répondre à ces questions complexes.

Créé en 1975, le CRAT est une structure publique spécialisée dans l’évaluation des risques liés notamment aux médicaments, aux radiations et aux dépendances pendant la grossesse et l’allaitement. Son expertise porte également sur la fertilité et certaines expositions paternelles. En 2026, ce centre possède donc plus de 50 ans d’expérience dans ce domaine.1

À retenir sur le CRAT
  • Le CRAT évalue notamment les risques tératogènes, fœtotoxiques et néonatals.
  • Son site lecrat.fr est gratuit et librement accessible, même s’il est conçu avant tout pour les professionnels de santé.
  • Il traite les questions liées à la grossesse, l’allaitement, la fertilité et certaines expositions paternelles.
  • Une fiche du CRAT ne doit jamais conduire à arrêter ou modifier seul un traitement.
  • Sa base clinique compte aujourd’hui plus de 75 000 dossiers.2

CRAT : quelle est exactement sa mission ?

Le sigle CRAT signifie Centre de Référence sur les Agents Tératogènes. Un agent tératogène est une exposition susceptible d’augmenter le risque de malformation de l’embryon ou du fœtus. Mais le champ d’expertise du centre est plus large : il étudie également les effets fœtotoxiques et néonatals ainsi que les conséquences potentielles de certaines expositions sur la fertilité.

Le CRAT conseille notamment les médecins, pharmaciens et sages-femmes afin de les aider à évaluer une exposition et à choisir, lorsque cela est nécessaire, une stratégie thérapeutique adaptée. Il intervient également auprès d’organismes publics tels que la HAS, l’ANSM, Santé publique France ou l’ANSES.2

Situation Ce que le CRAT peut documenter
Grossesse Médicaments, vaccins, imagerie médicale, dépendances, pathologies et risques pour l’enfant à naître
Allaitement Passage et conséquences possibles d’un médicament ou d’une exposition chez l’enfant allaité
Projet de grossesse Choix ou adaptation éventuelle d’un traitement avant la conception
Exposition paternelle Conséquences possibles de certains médicaments ou pathologies chez le futur père
Fertilité Effets potentiels de certaines expositions sur la fertilité féminine ou masculine

Contrairement à ce que certaines anciennes présentations du CRAT indiquent encore, le centre précise aujourd’hui qu’il ne traite plus les expositions professionnelles, accidentelles, domestiques, environnementales ou cosmétiques.3

Où se trouve le CRAT et qui le finance ?

Le CRAT est une unité hospitalière de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Il est actuellement implanté sur le site de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et appartient au Département de Santé publique rive gauche de l’AP-HP.

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Son financement est exclusivement public et indépendant de l’industrie pharmaceutique. Selon le CRAT, il provient du ministère chargé de la Santé, par l’intermédiaire de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).1

Comment le CRAT évalue-t-il le risque d’un médicament ?

L’un des intérêts du CRAT est de ne pas classer simplement les médicaments en deux catégories, « dangereux » ou « sans danger ». L’évaluation repose sur l’analyse critique des études expérimentales, des données recueillies chez les femmes enceintes et de l’expérience clinique disponible.

Le centre distingue notamment les situations disposant de moins de 300, d’au moins 300 ou d’au moins 1 000 grossesses exposées au premier trimestre dans les études prospectives. À titre de repère, le CRAT estime la fréquence globale des malformations dans la population générale à environ 2 % à la naissance.4

Exemple : pourquoi quantifier précisément le risque ?

Population générale : malformations à la naissance ≈ 2 %
Grossesse exposée au valproate : malformations congénitales ≈ 11 %
Lecture : graphique sur une échelle allant de 0 à 12 %. Le taux d’environ 2 % correspond au risque malformatif de base indiqué par le CRAT. Pour le valproate, l’ANSM rapporte un risque d’environ 11 % en cas d’exposition maternelle pendant la grossesse.45 Ces chiffres illustrent un exemple particulier et ne permettent pas d’estimer le risque d’un autre médicament.

L’exemple du valproate, utilisé notamment contre certaines formes d’épilepsie ou dans les troubles bipolaires, montre pourquoi une analyse médicament par médicament est indispensable : l’ANSM indique également un risque de troubles neurodéveloppementaux pouvant atteindre 30 à 40 % chez les enfants exposés in utero.5

Comment rechercher un médicament sur le site du CRAT ?

Le site lecrat.fr est librement accessible. Pour un médicament, la recherche peut être réalisée à partir de son nom commercial ou de sa DCI, c’est-à-dire le nom de la substance active.

  1. Se rendre sur le site officiel lecrat.fr.
  2. Saisir le nom du médicament, de la molécule, de la pathologie ou de l’exposition recherchée.
  3. Choisir la rubrique correspondant à la situation : grossesse, allaitement ou exposition paternelle.
  4. Lire notamment les parties « État des connaissances » et « En pratique ».
  5. En cas de doute, demander l’interprétation de la fiche à un médecin, une sage-femme ou un pharmacien.

Les fiches sont rédigées et expertisées par l’équipe médicale du CRAT et peuvent être complétées par des spécialistes extérieurs. Elles sont révisées lorsque de nouvelles données scientifiques deviennent disponibles.3

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Peut-on contacter directement le CRAT ?

Le site internet est accessible à tous. En revanche, le service hospitalier d’information et de conseil du CRAT est réservé aux médecins, pharmaciens et sages-femmes. Un particulier ayant une situation complexe doit donc en priorité s’adresser à l’un de ces professionnels, qui pourra contacter le centre si nécessaire.1

Important : trouver une information préoccupante sur le CRAT ne signifie pas qu’il faut interrompre immédiatement un traitement. Le centre précise explicitement que son site ne doit jamais justifier une modification ou un arrêt de traitement, ni une décision concernant la poursuite d’une grossesse ou d’un allaitement, sans avis d’un professionnel de santé.3

Pourquoi le CRAT est-il une référence pendant la grossesse ?

Le principal intérêt du CRAT est d’aider à raisonner en termes de balance bénéfice-risque. Ne pas traiter une maladie chez une femme enceinte peut parfois présenter davantage de risques que le médicament lui-même. Inversement, certaines molécules nécessitent une substitution, une surveillance particulière ou doivent être évitées.

Cette expertise repose aussi sur une importante base clinique : le CRAT indique aujourd’hui disposer de plus de 75 000 dossiers issus du suivi de patientes et patients pour lesquels son avis a été demandé.2

Le CRAT doit donc être considéré comme une ressource d’aide à la décision médicale, et non comme un outil permettant de s’autoprescrire un médicament ou de décider seul d’arrêter un traitement. Pour une femme enceinte, allaitante ou souhaitant avoir un enfant, la bonne démarche consiste à associer les informations scientifiques disponibles à l’évaluation personnalisée du médecin, de la sage-femme ou du pharmacien.

Notes de bas de page et sources

  1. CRAT – « Qui sommes-nous ? », Centre de Référence sur les Agents Tératogènes, informations consultées en août 2026 : https://www.lecrat.fr/qui-sommes-nous/
  2. CRAT – « Nos missions », Centre de Référence sur les Agents Tératogènes, informations consultées en août 2026 : https://www.lecrat.fr/nos-missions/
  3. CRAT – « Nature des informations » et « Mises en garde », informations consultées en août 2026 : https://www.lecrat.fr/nature-info/
    https://www.lecrat.fr/mises-en-garde/
  4. CRAT – « Concepts et définitions », notamment seuils de données cliniques et risque malformatif d’environ 2 % dans la population générale, informations consultées en août 2026 : https://www.lecrat.fr/definitions/
  5. ANSM – « Valproate et risques pour l’enfant à naître : les conditions de prescription et de délivrance évoluent », 13 décembre 2024 : https://ansm.sante.fr/actualites/valproate-et-risques-pour-lenfant-a-naitre-les-conditions-de-prescription-et-de-delivrance-evoluent-pour-les-adolescents-et-les-hommes-susceptibles-davoir-des-enfants

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